Vos élus régionaux

Bruno JONCOUR
Isabelle LE BAL

Anne-Marie CROLAIS

Fabrice LOHER

Marie Françoise DRONIOU

Louis CARADEC
 
Intervention de politique générale de Bruno Joncour lors de la session de la Session des 25 et 26 juin 2009 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Groupe MoDem Région Bretagne   
Vendredi, 26 Juin 2009 23:12

Monsieur le Président, Chers collègues,

 

1 - Je veux tout d'abord évoquer la mémoire de Joseph Martray, disparu fin mai.

Militant d'exception, Breton visionnaire, européen convaincu, il fut à travers la création en juillet 1950 du CELIB (Comité d'études et de liaison des Intérêts bretons), un des artisans majeurs de la «Nouvelle Bretagne» des années 60-70. Je tiens, avec mes collègues, à saluer les qualités humaines et intellectuelles de Joseph Martray et l'importance de son travail. Je veux aussi rendre hommage à sa capacité hors du commun à convaincre et  à rassembler les acteurs économiques, sociaux, politiques et culturels¸ au service de l'intérêt supérieur de la région. Il restera une référence pour les Bretons soucieux du développement et de la cohésion de leur région.

 

Je tiens à associer à cet hommage la mémoire d'Hervé Tinevez, ancien Maire de Châteaulin (1983-1995), ancien conseiller général et conseiller régional. A travers sa passion pour sa ville et son engagement au service du développement économique, il compte lui aussi parmi ceux qui ont fait beaucoup au service de l'intérêt  général et de la Bretagne.  

2 - Une fois de plus, l'actualité régionale est marquée par la crise avec ses différents aspects, en particulier de nombreux mouvements sociaux.
 

A travers l'actuelle restructuration du secteur automobile «PSA» et de ses sous-traitants, SBFM à Lorient, La Barre Thomas à Rennes ou LivBag à Pont de Buis et les difficultés de plusieurs PME comme «Carl Zeiss Vision » à Fougères, Chaffoteaux à Ploufragan, c'est le choc de la mutation  de l'industrie confrontée à la concurrence mondiale mais c'est aussi parfois le comportement insupportable de certains investisseurs ou dirigeants d'entreprise qui profitent du climat de crise économique pour restructurer, démanteler ou délocaliser dans des pays à la main d'œuvre bon marché.

 

S'agissant plus particulièrement de Chaffoteaux , c'est toute une population qui est unanime pour condamner sévèrement la méthode inacceptable choisie par la direction, pour compromettre et sans doute liquider l'activité du site au mépris de la dimension humaine qui doit inspirer l'esprit d'un véritable dialogue social ; c'est toute une population qui est solidaire des salariés dont le savoir faire professionnel est reconnu comme une réalité de l'histoire de l'entreprise et une réalité justifiant des perspectives d'avenir.

 

C'est la crise agricole avec principalement le problème des marges trop faibles accordées aux producteurs de lait et de porc et les conséquences dramatiques que cela entraîne sur l'équilibre économique de nombreuses exploitations agricoles.  Nous redisons la nécessité de la régulation et de la mise en place d'accords de filière.

L'un des enseignements de cette crise c'est que la relance de la consommation par la baisse des prix, prévue dans le cadre de la loi LME, est une faute économique qui a, dès à présent, a pour conséquence une paupérisation des producteurs agricoles. Il faut aussi signaler le risque que représente cette baisse des prix sur la survie de nombreux producteurs et donc la pérennité et l'avenir de la production.

 

Afin que les agriculteurs bretons, sachent bien que la Bretagne, à travers sa représentation élue, unie et diverse, est avec et derrière eux, je vous demande, Monsieur le Président, qu'une rencontre soit organisée avec les représentants des syndicats agricoles bretons afin d'évoquer les nouvelles mesures et les nouvelles organisations de production qu'il serait nécessaire de mettre en place pour mieux anticiper les effets de la crise. Nous vous rappelons que dans des sessions précédentes des débats constructifs avaient eu lieu sur l'avenir de la filière laitière. Il y a un an au cours de la session de juin 2008, le débat sur l'évolution de la PAC avait permis d'exprimer un accord unanime de la région Bretagne.

 

La dimension que vous avez mentionné dans votre propos - à savoir le rôle de l'alimentation pour résoudre le sous-développement de la planète - est juste et doit constituer une préoccupation à intégrer y compris au niveau régional.

 

Dans le prolongement de l'actuelle Révision Générale des Politiques Publiques et des différentes réformes en cours, ce sont certainement des contraintes plus grandes qui vont être décidées dans la gestion de nombreux services publics (hôpitaux, poste, enseignement...).

 

Nous attendons que ces restructurations et réorganisations se fassent dans un climat de concertation, de dialogue avec les acteurs concernés (salariés, fonctionnaires, partenaires sociaux, élus locaux, usagers) afin que soient trouvées les solutions adaptées et cohérentes les rendant acceptables et possibles par le plus grand nombre.

Ce qui encore une fois n'a pas été le cas dans la récente annonce, brutale et arbitraire, de la fermeture de la direction régionale des affaires maritimes à Rennes.

A moins qu'il faille y voir l'amorce de la future recomposition territoriale avec le retour de Nantes et de la Loire-Atlantique en Bretagne.

L'actualité c'est aussi le remaniement du gouvernement qui aurait pu intégrer notamment dans le cadre de l'organisation du Grenelle de la Mer un ministère de la Mer de plain exercice.

 

Ce sont enfin, les défis environnementaux que nous intégrons avec pragmatisme, jour après jour, sur le terrain, dans le cadre d'une volonté collective.

 

Toutes ces crises cumulées représentent un coût économique et social très élevé.

 

Nous l'avons déjà dit lors des dernières sessions, nous soutenons les initiatives que la Région a prises pour réagir aux effets de ces crises et qui sont à nouveau développés dans le cadre de la DM2 qui nous sera présentée au cours de ces deux journées.

Permettez-moi, Monsieur le Président, de vous interroger sur la suite donnée au vœu que nous avons présenté lors de la session de fin mai et qui a été adopté à l'unanimité sur l'organisation anticipée des assises territoriales des Pays à la rentrée de septembre ?

 

Au-delà des mesures régionales et des réponses nationales, nous le savons tous, la globalité et la gravité de la crise demande que des réponses nouvelles et ambitieuses soient trouvées dans le cadre d'une dynamique européenne.

Jusqu'à présent, cela c'est fait attendre, il faut qu'une nouvelle impulsion soit donnée à ce niveau.

 

3 - L'actualité de ces dernières semaines est aussi marquée par les perspectives de la réforme territoriale

 

Nous le répétons encore une fois, nous sommes très attachés à la dimension régionale et à l'affirmation de régions fortes et stratèges au service de l'intérêt général, du développement  et de l'aménagement du territoire régional.

Pour se faire, nous sommes convaincus que l'élection de ses représentants au Suffrage universel direct dans le cadre d'une circonscription régionale reste une nécessité.

 

En ce qui nous concerne, nous n'accepterons pas que la réforme territoriale soit l'occasion de faire le procès des collectivités locales et des élus locaux alors que ces 20 dernières années, la modernisation de notre pays doit beaucoup à l'engagement et à l'investissement des collectivités locales (plus de 75 % de l'investissement public).

 

Pour notre part, nous serons toujours de façon résolue et déterminée du côté de ceux qui défendent la décentralisation.

 

Au-delà de l'objectif affiché et quelque peu polémique  et « facile » de réduction du nombre d'élus locaux, nous voulons que cette réforme permette une vraie clarification des rôles des collectivités territoriales, une plus grande efficacité des politiques publiques locales et une réforme fiscale ambitieuse qui organise si nécessaire la spécialisation des taxes.

A cet égard, je rappelle notre opposition à la mise en place même marginale de l'Eco Taxe en Bretagne tant qu'il n'y a pas d'alternative au réseau routier, pour le transport des marchandises.

 

Nous espérons aussi que les projets législatifs de la réforme territoriale qui seront présentés pour débat au Parlement confirmeront, sans ambiguïté et sans nouvelle complication, la perspective ouverte de la Réunification de la Bretagne avec le retour de la Loire-Atlantique dans sa région.

Sur ce dossier complexe et difficile, il nous semble qu'il serait opportun d'abandonner une bonne fois pour toutes, les postures politiciennes en fonction des circonstances et les polémiques stériles !

 

4 - Dans le climat de crise actuelle, nous gardons la conviction que l'heure n'est pas à la division sur des sujets secondaires ou pour des raisons partisanes. 

C'est donc, une nouvelle fois, avec cet état d'esprit que nous avons examiné l'ordre du jour de la session.

 

5 - Alors que nous venons de rentrer dans l'été, je souhaite conclure en formulant le vœu que l'été 2009 soit sur le plan touristique, culturel et économique, et ce malgré le contexte de crise,  une période de vitalité qui renforce l'image, l'identité, le dynamisme et le rayonnement de la Bretagne.